Les longicornes prennent enfin du grade
Publié par Bourgogne-Franche-Comté Nature, le 22 janvier 2026

Coléoptères aux longues antennes longtemps oubliés pour juger de la patrimonialité d’un milieu, les longicornes ont désormais leur « liste ZNIEFF » en Bourgogne-Franche-Comté.
En quoi les longicornes sont-ils de bons indicateurs de l’intérêt écologique d’un espace ?
La plupart des espèces ont des larves xylophages : elles se nourrissent de bois, avec des exigences précises. Certaines se trouvent exclusivement dans les chênes, d’autres dans les hêtres, certaines dans les arbres vivants, d’autres dans le bois mort, certaines dans les troncs de petit diamètre, d’autres dans les gros troncs, ou encore dans des branches… Il s’agit d’une famille d’insectes qui reflète particulièrement bien la richesse des milieux forestiers, pour lesquels on manquait d’indicateurs. De plus, un petit nombre d’espèces ne sait pas voler. Lorsqu’on trouve un individu, on peut donc en déduire que le microhabitat dont il a besoin n’est pas loin. Les longicornes traduisent aussi une stabilité du milieu, car leur stade larvaire dure plusieurs années. Par exemple, une forêt ne saurait être propice aux espèces liées au bois mort si celui-ci est ramassé tous les ans.
À quoi correspond la récente liste des espèces déterminantes ZNIEFF ?
L’inventaire des Zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) vise à identifier des espaces naturels à la biodiversité remarquable. Cela ne revêt pas de caractère réglementaire, mais appel à prêter attention en cas de projet d’aménagement. La définition des ZNIEFF repose sur le recensement d’espèces qui figurent sur une liste d’espèces dites « déterminantes ZNIEFF ». Or aucun coléoptère* n’était jusqu’ici déterminant en Franche-Comté, et la liste de Bourgogne était devenue en partie obsolète du fait de l’amélioration de la connaissance. En 2024, une liste Bourgogne-Franche-Comté pour les longicornes a été validée par le Conseil scientifique régional.
Que contient cette liste ?
En quoi les longicornes sont-ils de bons indicateurs de l’intérêt écologique d’un espace ?
La plupart des espèces ont des larves xylophages : elles se nourrissent de bois, avec des exigences précises. Certaines se trouvent exclusivement dans les chênes, d’autres dans les hêtres, certaines dans les arbres vivants, d’autres dans le bois mort, certaines dans les troncs de petit diamètre, d’autres dans les gros troncs, ou encore dans des branches… Il s’agit d’une famille d’insectes qui reflète particulièrement bien la richesse des milieux forestiers, pour lesquels on manquait d’indicateurs. De plus, un petit nombre d’espèces ne sait pas voler. Lorsqu’on trouve un individu, on peut donc en déduire que le microhabitat dont il a besoin n’est pas loin. Les longicornes traduisent aussi une stabilité du milieu, car leur stade larvaire dure plusieurs années. Par exemple, une forêt ne saurait être propice aux espèces liées au bois mort si celui-ci est ramassé tous les ans.

Mathurin CARNET, Responsable du pôle Invertébrés à la SHNA-OFAB*
En vue de la publication d’un atlas régional des longicornes, puis d’une liste rouge des espèces menacées, un important travail a été mené par le CBNFC-ORI*, l’OPIE FC* et la SHNA-OFAB pour améliorer les connaissances, en s’appuyant sur des données historiques comme récentes et en intensifiant les prospections. La liste des espèces de longicornes déterminantes ZNIEFF apporte une plus-value pour prendre en considération les forêts. Les listes d’insectes antérieures concernaient des groupes comme les papillons, les libellules, les criquets, principalement liés aux zones ouvertes ou humides, ce qui induisait un biais excluant les forêts. Cette nouvelle liste participera à l’actualisation et à la création de ZNIEFF aux fondements plus solides, qui viendront alimenter la Stratégie nationale pour les aires protégées*. Elle crée un cercle vertueux pour les longicornes, qui seront davantage recherchés, parce que reconnus, et potentiellement mieux préservés.
