L’histoire du Muséum Jacques de La Comble continue de s’écrire

Publié par Bourgogne-Franche-Comté Nature, le 22 janvier 2026

Né de l’obstination de passionnés des sciences naturelles à l’œuvre dès le 19e siècle, le Muséum d’Autun n’a pas fini de se redécouvrir.

Pourquoi le Muséum porte-t-il le nom de Jacques de La Comble ?

Avec sa veste en tweed, ses guêtres et sa pipe, le « Pépé de La Comble », comme on l’appelait, était un sacré personnage. Il s’agit du premier conservateur du Muséum. C’était aussi le Secrétaire général de la Société d’histoire naturelle d’Autun (SHNA), fondatrice du Muséum en 1964. Par manque de moyens, la SHNA a alors donné à la Ville ses collections sous conditions, tout en poursuivant ses activités. Ce n’est qu’en 1984 qu’a eu lieu l’inauguration des actuelles salles d’exposition rue Saint Antoine. Les liens qui unissaient initialement la SHNA et le Muséum existent toujours. Conformément à l’acte notarié de donation, un local est notamment mis à disposition de la SHNA pour quelques bureaux et sa bibliothèque. Celle-ci se situe dans l’ancienne Banque de France, avenue Charles de Gaulle, et rassemble de nombreux ouvrages scientifiques et revues de sociétés savantes datant du 19e siècle à nos jours.

Qu’est-ce qui caractérise les collections du Muséum ?

Les membres de la future SHNA, issue de la Société éduenne des lettres, sciences et arts, ont commencé à les constituer il y a presque 200 ans. Elles ont été maintes fois déménagées, ce qui leur a malheureusement fait subir quelques pertes et dégradations. Elles restent cependant remarquables, avec près de 800 000 échantillons, ce qui positionne le Muséum à la 6e place des muséums de province en termes d’ampleur des fonds. Ces collections couvrent quasiment tous les domaines relatifs à l’histoire naturelle : paléontologie, géologie, minéralogie, botanique, ornithologie…

Quels chantiers mène en ce moment le Muséum ?

Une mise en valeur des collections est en cours et se poursuivra ces prochaines années à travers des inventaires et des reconditionnements. Il est probable que l’on découvre des choses exceptionnelles, oubliées notamment lors des transferts. Par exemple, au début de l’été, nous avons entrepris l’inventaire d’une collection d’oiseaux exotiques naturalisés d’environ 900 spécimens qui n’avait pas été dépoussiérée depuis fort longtemps. Nous y avons trouvé une conure de Caroline, perroquet d’Amérique du Nord aujourd’hui disparu, ainsi qu’un couple de kakapos, autre perroquet endémique de Nouvelle-Zélande en danger critique d’extinction. En attendant de voir certains des spécimens que nous sommes en train de retrouver dans les réserves rejoindre l’espace d’exposition, il est possible de suivre l’actualité du Muséum sur Instagram et Facebook.

Aude MEDINA, Paléontologue Directrice du Muséum d’Autun

Nous menons des recherches pour mieux connaître l’histoire de la constitution des collections, car beaucoup reste à apprendre. Ainsi, lumière n’a pas totalement été faite sur le rare grand pingouin que nous possédons, espèce disparue qui compte moins de 80 spécimens naturalisés au monde. Nous savons qu’il a été récupéré à Dresde à une date où l’espèce était déjà éteinte, mais ignorons d’où il est issu. Jacques CUISIN, conservateur du Muséum national d’histoire naturelle, est par ailleurs venu expertiser notre collection ornithologique et a constaté que des spécimens avaient exactement la même étiquette avec une écriture semblable à certaines du Muséum de Paris. Cet établissement aurait-il envoyé les spécimens en question à Autun ? Compléter ces informations serait utile d’un point de vue scientifique, entre autres pour savoir quelles espèces étaient présentes à tel endroit à une époque donnée.