Désamorcer les pièges involontaires de nos maisons

Publié par Bourgogne-Franche-Comté Nature, le 10 mars 2026

De simples aménagements permettent de neutraliser les points noirs de nos habitations pour une meilleure cohabitation avec la faune voisine.

Quel est le piège involontaire le plus fréquent sur les maisons ?

En reflétant l’environnement extérieur, beaucoup de vitres trompent les oiseaux, qui croient voir la végétation se trouvant en réalité en face de la maison, et s’y heurtent, souvent mortellement. En cas de vitre située à l’angle d’une seconde fenêtre, c’est le reflet de cette deuxième fenêtre qui est perçu par l’animal, qui s’y précipite à grande vitesse. Les chocs sont alors plus importants. Comme l’a démontré la Station ornithologique suisse, les silhouettes d’oiseaux autocollantes sont malheureusement une fausse bonne, car ils ne fonctionnent pas. Ils n’ont qu’une valeur pédagogique.

Y a-t-il des solutions efficaces ?

La vitre doit impérativement être recouverte sur une large partie de sa surface : aucun espace équivalent ou supérieur à la largeur d’une main ne doit être laissé découvert. On peut se procurer des bandes autocollantes blanches de 2 ou 3 cm de large, disponibles dans tous les magasins de bricolage, et les apposer verticalement tous les 10 ou 12 cm. Le blanc d’Espagne est une autre option du plus bel effet pour enfants et artistes. C’est une poudre blanche qu’on dilue dans de l’eau pour s’en servir comme peinture, et qui part en frottant avec un chiffon sec. On peut régulièrement renouveler les dessins et les actualiser au gré des événements de la famille. Il est seulement nécessaire de respecter la règle d’un écartement inférieur à la largeur d’une main. Autre alternative, la vitrophanie, ces films autocollants imprimés qui représentent absolument toutes les illustrations souhaitées, et dont le rendu est aussi très artistique.

Comment rendre inoffensifs gouttières et cheminées ?

Divers animaux, en particulier les lézards, montent le long des façades et sont attirés par le métal des chéneaux. En chutant dedans, ils peuvent se retrouver condamnés sans échappatoire en bas. Dans le commerce, il existe de petits systèmes grillagés que l’on peut installer directement sur les chéneaux, destinés à empêcher les feuilles de tomber dans les gouttières. Lieux à la fois sombres et chauds, les cheminées attirent des oiseaux comme les choucas, ainsi que les chauves-souris, qui s’y aventurent parfois sans parvenir à en ressortir. On peut fixer des grilles de façon à prévenir ces chutes, qui ne doivent pas être trop fines, afin de ne pas occasionner de rétention de fumée.

Jean-François NOBLET, Naturaliste, Auteur, Coprésident de l’association Le Pic Vert

Quantité d’insectes, notamment les abeilles domestiques et les guêpes, se noient dans les piscines en essayant d’y puiser de l’eau. D’autres sont emportés par le vent, comme les criquets dans leurs sauts. Pour limiter ce phénomène, il faut éviter d’avoir des haies ou des prairies fleuries à proximité. On peut par ailleurs aménager les skimmers, qui filtrent les brindilles et autres feuilles grâce à la circulation de l’eau jusqu’à un tamis. En plaçant un morceau de polystyrène ou de polyuréthane dans le panier, on donne aux animaux la possibilité de monter sur ce radeau. Les rescapés peuvent ensuite être libérés quand on nettoie le skimmer. Laisser flotter une tablette en bois non traité dans la piscine offre une issue de secours complémentaire sur laquelle certains pourront s’accrocher, se sécher les ailes, puis repartir. Enfin, sauf lorsqu’elle est utilisée, la piscine doit être bâchée autant que possible.