Les lignes électriques, un danger pour les oiseaux

Publié par Bourgogne-Franche-Comté Nature, le 7 mars 2023   1.1k

Les lignes électriques passent d’ordinaire pour des perchoirs fort appréciables pour les oiseaux. En réalité, elles sont encore trop souvent cause d’accidents.

Dans quels cas les lignes électriques peuvent-elles représenter un danger pour les oiseaux ?

Selon leur lieu d’implantation, elles peuvent constituer des obstacles au vol, surtout la nuit, au crépuscule et en cas de brouillard. Celles à haute tension sont particulièrement dangereuses car plusieurs câbles se succèdent. Les accidents surviennent pour beaucoup durant les périodes migratoires, lorsque les oiseaux voyagent entre leurs quartiers d’hiver et d’été. Les lignes situées sur les couloirs de migration sont ainsi les plus accidentogènes. L’autre risque que courent les oiseaux est celui d’électrocution. Si un oiseau touche deux composants sous tension en même temps, ou un composant sous tension et un composant du poteau électrique, il va être victime d’une décharge souvent mortelle. Ce phénomène est plus fréquent sur les lignes à basse ou moyenne tension, car les composants y sont plus rapprochés.

Y a-t-il beaucoup de victimes ?

Il est difficile de les chiffrer précisément, puisque la plupart passent inaperçues. On estime qu’environ 10 000 électrocutions et plusieurs centaines de milliers de collisions se produisent tous les ans en Afrique et en Eurasie. Les collisions concernent surtout les oiseaux qui se déplacent en groupe, ceux qui volent rapidement avec une mauvaise vision frontale et une capacité à manœuvrer restreinte tels que les cygnes, ainsi que ceux à large envergure. Les électrocutions frappent les grandes espèces nichant sur les pylônes, que sont les rapaces et grands échassiers. Pour réduire ces menaces, il est important de favoriser autant que possible les lignes enterrées, ou à défaut de bien étudier les nouvelles implantations. Les couloirs migratoires et les espaces particulièrement riches en oiseaux sont à éviter absolument.

Que faire pour les lignes déjà là ?

Pour les collisions, un balisage peut être installé pour matérialiser l’infrastructure aux yeux des oiseaux. Il existe des dispositifs qui peuvent être accrochés à intervalles réguliers le long des lignes, par exemple de larges spirales colorées ou des sortes de pinces à linge pourvues d’un avertisseur coloré s’agitant avec le vent. Des silhouettes de rapaces peuvent être disposées au-dessus des pylônes pour éloigner les passereaux. Pour les électrocutions, des systèmes ressemblant à des parapluies en métal peuvent empêcher les oiseaux de se percher sur les poteaux. Les armements coiffant les poteaux pour relier les câbles peuvent aussi être changés pour une forme plus profilée. On peut mettre en place des perchoirs un peu plus loin pour inciter les oiseaux à se poser hors de portée du risque. L’isolation des câbles proches des poteaux et le remplacement des composants dangereux sont également une bonne solution.


Le mot de l'experte

Cécile DÉTROIT, Ornithologue médiatrice environnement à la Société d’histoire naturelle d’Autun

Il est utile de signaler tout oiseau mort au pied d’une ligne électrique. Il faut pour cela noter l’immatriculation du pylône ou du poteau figurant sur une petite plaque à sa base, ainsi que le nom de la commune, le lieu-dit et l’espèce retrouvée (prendre une photo en cas de doute). Transmettez ces éléments à l’une des associations relais en Bourgogne-Franche-Comté, elle démarchera le gestionnaire ou l’exploitant (RTE pour les lignes haute tension, ENEDIS pour les autres) pour que des actions soient entreprises. Si vous trouvez un oiseau blessé, contactez au plus vite un centre de soins ou une association qui le prendra en charge.


Pour en savoir plus

Toutes les informations pratiques et coordonnées sont à retrouver sur la fiche SOS Les lignes électriques et les oiseaux à télécharger sur le site de la Société d’histoire naturelle d’Autun https://observatoire.shna-ofab.fr, onglet « SOS ».


Crédit illustration © Gilles MACAGNO